Des germes dangereux dans les ruisseaux, les rivières et les lacs : il n'y a pas de recette miracle !

Récemment, l'émission télévisée "Gefährliche Keime in Bächen, Flüssen und Seen" a été diffusée dans le magazine politique "Panorama - die Reporter". L'émission (du 6 février 2018) produite par la Norddeutscher Rundfunk (NDR) sur les germes résistants aux antibiotiques suscite la controverse en Allemagne.

Des germes dangereux dans les ruisseaux, les rivières et les lacs : il n'y a pas de recette miracle. (Image : depositphotos)

Récemment, l'émission télévisée "Gefährliche Keime in Bächen, Flüssen und Seen" a été diffusée dans le magazine politique "Panorama - die Reporter". L'émission du 6 février 2018, produite par la Norddeutscher Rundfunk (NDR), suscite la controverse en Allemagne. Otto Schaaf, président de l'association allemande pour la gestion de l'eau, des eaux usées et des déchets (DWA), qui regroupe également les entreprises allemandes de traitement des eaux usées, s'est engagé pour un examen plus nuancé du reportage.

Germes résistants aux antibiotiques

Les stations d'épuration servent à protéger l'homme et l'environnement des maladies qui seraient sinon causées par les eaux usées. Jusqu'à présent, les germes résistants aux antibiotiques ne sont pas éliminés de manière ciblée. Les stations d'épuration ne sont toutefois de loin pas la seule voie par laquelle les germes résistants aux antibiotiques sont introduits dans les eaux. Pour les cas considérés ici, l'écoulement des surfaces agricoles et les sources ponctuelles telles que les hôpitaux sont importants.

"L'utilisation excessive et préventive d'antibiotiques, parfois aussi d'antibiotiques de réserve, dans l'élevage intensif doit être remise en question" souligne "Gefährliche Keime in Bächen, Flüssen und Seen" (Germes dangereux dans les ruisseaux, les rivières et les lacs), produit par la Norddeutscher Rundfunk (NDR) et diffusé le 6 février 2018 dans son magazine politique "Panorama - die Reporter". "Il n'y a pas de recette miracle. Mais la meilleure façon d'éviter les germes résistants est d'agir à la source, c'est-à-dire par exemple dans les hôpitaux et dans l'élevage intensif", a déclaré Otto Schaaf.

La chaîne de télévision allemande NDR attire à juste titre l'attention sur les dangers potentiels des micro-organismes résistants aux antibiotiques. Comme solution, Panorama demande, en se référant au ministère fédéral de l'Environnement et à l'Agence fédérale de l'environnement, la mise à niveau d'au moins toutes les grandes stations d'épuration. Car les stations d'épuration en Allemagne ne sont pas conçues pour éliminer les agents pathogènes multirésistants des eaux usées.

La seule mise à niveau des stations d'épuration n'est pas une solution

La DWA estime que cette exigence - malgré toute l'inquiétude suscitée par les agents pathogènes résistants aux antibiotiques - est critique, car elle ne permet pas de résoudre le problème. Les stations d'épuration ne sont pas la source des bactéries résistantes aux antibiotiques, mais se trouvent au bout d'une chaîne de nombreuses voies de développement et de propagation. Les experts en eau sont convaincus que la solution doit s'attaquer aux causes : l'utilisation d'antibiotiques. Les antibiotiques sont utilisés en médecine humaine et vétérinaire ainsi que dans l'industrie agricole.

Utiliser les antibiotiques de manière réfléchie

En cas d'infection humaine, les antibiotiques doivent être utilisés de manière réfléchie. Dans ce domaine, les médecins comme les patients ont un rôle à jouer. Les antibiotiques doivent être pris conformément à la prescription du médecin et ne doivent pas être arrêtés prématurément par le patient de sa propre initiative. Les médicaments résiduels qui ne sont plus utilisés doivent être jetés dans la poubelle des déchets résiduels et en aucun cas dans les toilettes ou le lavabo.

Renoncer à l'utilisation d'antibiotiques dans l'agriculture

Dans l'agriculture, en particulier dans l'élevage intensif, mais aussi dans l'aquaculture, il faut renoncer à l'utilisation massive d'antibiotiques, souvent à titre préventif. Il faut notamment limiter l'utilisation d'antibiotiques de réserve, qui doivent servir de "réserve de fer" en cas de maladie grave. "L'utilisation excessive d'antibiotiques dans les installations d'élevage de masse est une cause essentielle de la formation de résistances aux antibiotiques. Dans l'intérêt de sa propre santé, l'industrie agricole devrait faire preuve de retenue dans ce domaine. Une fois que les bactéries résistantes aux antibiotiques ont atteint le cycle de l'eau, il est trop tard. La faute ne peut toutefois pas être imputée aux stations d'épuration", déclare Otto Schaaf.

Compte tenu de la diversité des voies empruntées par les antibiotiques et les micro-organismes des grands élevages pour atteindre l'environnement, un équipement ultérieur des stations d'épuration, par exemple avec des installations de traitement par UV, serait loin d'être suffisant pour résoudre le problème. Schaaf : "Au lieu de prendre des mesures en aval, end of the pipe, il faut commencer dès l'utilisation. Il serait également positif de réussir à développer des principes actifs pharmaceutiques qui, après leur passage dans l'organisme, se dégradent eux-mêmes dans l'environnement par des processus naturels. Ce n'est pas de la musique d'avenir. Des approches prometteuses existent par exemple à l'Institut de chimie durable et de chimie environnementale de l'université de Lüneburg, sous la direction du professeur Klaus Kümmerer".

Des recherches supplémentaires sont nécessaires

Dans le cadre du projet "Caractérisation, communication et minimisation des risques liés aux nouveaux polluants et agents pathogènes dans le cycle de l'eau - TransRisk", financé par le ministère fédéral allemand de l'éducation et de la recherche (BMBF), des recherches ont été menées sur la formation de résistances et ont notamment permis de constater que chacun pouvait contribuer à les éviter (www.transrisk-projekt.de). La DWA estime qu'il est urgent de poursuivre les recherches, tant dans le domaine du développement d'antibiotiques respectueux de l'environnement que dans celui de la technologie des procédés permettant d'éliminer ces substances. Source : www.dwa.de

 

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